Claire    Lafrenière

Photo : Simon Ménard


Le salaire des députés

Paroles : Fleury Delville
Musique : A. Louis-Del
(1905)

Nos pauvr’s députés qui n’avaient pas d’veine,
Touchaient autrefois pour chaque session,
Rien qu’quinz’ cents dollars, maint’nant quell’ aubaine,
C’est deux mill’ cinq cents que nous leur versons,
Quand il s’est agi de voter la somme,
Tous nos bons élus de l’opposition,
Du gouvernement ont comm’un seul homme,
Voté sans remords la proposition…

Refrain
Quand on a travaillé,
Pendant un terme entier
On est heureux vraiment
De s’payer largement
Quand on a travaillé,
Pendant un terme entier
On peut pour s’faire du lard,
S’offrir deu mill’ cinq cents dollars.

Supprimons les timbr’s, dit l’premier ministre,
Ainsi que l’demand’ la population,
Un’ fois l’bill passé, je n’serais pas cuistre,
Nous nous occup’rons de l’augmentation.
Toul’mond’ en aura, la chos’ est certaine,
Les anciens ministr’s auront leur pension,
Les jug’s, ces brav’s gens qui se donn’nt tant d’peine
Et même le chef de l’opposition.

Refrain

On trouve étonnant, non, c’est un rêve,
Que les ouvriers pour s’fair’ augmenter
De quelques centins se mettent en grève,
Mais au Parlement nos bons députés
N’se mett’nt pas en grèv’ car on le devine,
Ça s’rait par trop bêt’ de perdre son temps,
Quelques jours avant qu’la session s’termine
Viv’ment ils s’accord’nt de bons traitements.

Refrain

Y’en eut un pourtant parmi tout’ la chambre
Que les circonstanc’s mir’nt dans l’embarras,
Un ancien ministr’ ’jourd’hui simple membre
Qui se demandait que vais-j’ fair’, oui-da ?
Puisque j’ai passé par le ministère,
C’est trois mill’cinq cents?… tandis qu’député,
C’est deux mill’ cinq cents; alors il faut s’taire,
Agir prudemment et démissionner,

Refrain
Puisque sans travailler
Pendant un terme entier,
J’aurais l’plaisir vraiment,
D’toucher trois mill’ cinq cents,
Puisque sans travailler
Pendant un term’ entier,
Je pourrais m’faire du lard
Palpons trois mill’ cinq cents dollars.

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